Joconde, Vinci-Editions

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La prise de vue

Pascal COTTE est ingénieur et l'inventeur du premier appareil photographique multispectral (des Ultraviolet aux Infrarouges).
Il a photographié La Joconde le 19 octobre 2004 dans le Laboratoire des Musées de France au Louvre.
Cette photographie est d’une qualité exceptionnelle.
Elle permet – en première mondiale – de voir les couleurs d’origine (couleur des pigments utilisés par Léonard de Vinci) mais aussi les Infrarouges en superposition avec l’image couleur.

Ainsi, en marge des radiographies, réflectographie infrarouge, fluorescence X, approche spectrophotométrique de la couleur et numérisation en 3D à haute résolution – les premiers examens scientifiques subis par La Joconde depuis une cinquantaine d’années – le fondateur et conseiller scientifique de
Lumière Technology Pascal Cotte a ajouté l'analyse spectrocolorimétrique par photo multispectrale.


À l’aide de la caméra qu’il a inventée, il a photographié le tableau pendant près de trois heures, avec la lumière réfléchie par chaque pixel éclairé par une lumière de longueur d’onde allant de 380 nanomètres (l’ultraviolet) et 1.050 nanomètres (l'infrarouge). En ont résulté treize photographies inédites du tableau, d’une précision inégalée, avec près de 240 millions de pixels.


À partir de ces images, il a fallu retirer numériquement le spectre du vernis dont on avait pu calculer la courbe pour identifier les pigments d’origine et restituer virtuellement le portrait sans son vernis.



Le résultat révèle La Joconde
telle que pouvaient la voir les contemporains de sa création : ciel bleu à base de lapis-lazuli, visage rose, montagnes éclaircies, arbres verts… Mais l’analyse des clichés, qui a pris près de deux ans, a permis d’aller au-delà. D’abord elle a révélé les couches et sous-couches de peinture qui recouvrent la planche de bois - du peuplier - sur laquelle elle a été peinte. On distingue ainsi plusieurs restaurations, notamment une bande horizontale de 2 cm faite d’azurite, sur toute la largeur dans le haut du tableau.

 


La prise de vue multispectrale de Monna Lisa à 240 millions de pixels.
Cliquez sur l'image pour voir la vidéo de 12 minutes
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L'avancée technologique

Après N. Niepce, - l’inventeur de la photographie - suivirent Nadar, Talbot et Daguerre. Puis Eastmann et les frères Lumière.
Pascal Cotte inscrit son nom en droite ligne de cette Histoire de la Photographie car, au-delà des avancées scientifiques et artistiques apportées à l’œuvre de Léonard de Vinci, son invention pourrait préluder l’ère de la numérisation des œuvres d’art. Selon lui, elle pourrait
"permettre à la France de prendre le leadership d’une politique de numérisation et de conservation du patrimoine pictural mondial".
En se référant non pas à ce que voit l’œil contemporain mais à la nature exacte des pigments utilisés par les artistes, elle offre des clichés irréprochables esthétiquement et scientifiquement.
La technique, opérée par
Lumière Technology, permet aussi de révéler des détails de l’ordre de quelques micromètres et de réaliser des agrandissements de grandes dimensions ouvrant la voie à des simulations de dévernissage et de restauration d’œuvres, ou à l’enrichissement des bases de données des archives nationales.


Les pigments de Léonard

S’il vivait aujourd’hui Léonard n’aurait que l’embarras du choix. Plus de 200 pigments d’origines diverses s’offrent à nos peintres contemporains. A son époque, il n’y en avait guère plus qu'une quarantaine. Léonard en utilisait moins de 20.
Grâce à sa caméra multispectrale, Pascal COTTE a identifié les pigments utilisés sur La Joconde.
Ils répondent aux noms de Cinabre (vermillon de mercure), terres d’ombre, ocre rouge, ocre jaune, vert de gris, terre verte, blanc de plomb, jaune de plomb-étain, azurite, malachite, laque de garance et de nerprun et le fameux bleu de Lapis-Lazuli (outremer).

"Le ciel est fait exclusivement de ce pigment", précise Pascal Cotte, "sauf pour une bande de restauration de 2 cm dans le haut du tableau qui est fait d’azurite et qui se distingue bien par le réseau de craquelures différent ou inexistant".
Pour économiser le précieux pigment (qui est légèrement transparent) il était courant de faire une sous-couche avec de l’azurite.
"Ce n’est pas le cas sur Monna Lisa. J’ai photographié en multispectral des tableaux de la même période, si la sous-couche est faite d’azurite je trouve forcément un endroit ou il transparaît car le liant en vieillissant devient plus transparent. Ma caméra peut discerner des détails de 60 microns, si cela avait été le cas, je l’aurais forcément vu".

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©textes Thomas Petit, agence SIPA
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Le Lapis-Lazuli, plus cher que l’or

Préparé à partir de pierres précieuses broyées, le Lapis-Lazuli est utilisé depuis l’antiquité.
Il est si cher que généralement les peintres le facturaient séparément ou demandaient à leur commanditaire de le fournir.
Réservé aux plus riches, le peintre l’utilisait pour le personnage le plus important du tableau (manteau de la Vierge par exemple). Léonard semblait en disposer puisque tout le ciel en est exclusivement recouvert.
Aujourd’hui il n’existe plus qu’un seul fabriquant de cette poudre dans la même pureté que celle utilisé par Fra Angelico et Léonard de Vinci, le prix est conséquent : 16.000 euros/k.