Identification des pigments de la Joconde

Un procédé unique au monde

Le procédé multispectral de Lumière Technology est unique au monde. Cette caméra, issue d'une technologie spatiale a été conçue pour numériser en haute définition toute peinture ancienne ou récente.

Un puissant rayon de lumière blanche se déplace sur l'œuvre tandis que la caméra numérise en haute définition le tableau, tenant compte des rayons réfléchis par chaque pixel, éclairé par une lumière dont la longueur d'onde va de 380 nanomètres (l'ultraviolet) et 1050 nanomètres (le proche infrarouge).

13 passages sont nécessaires : 13 photographies d'une précision inégalée, avec près de 240 millions de pixels chacune, avant que l'on puisse reconstruire sur ordinateur l'image la plus fidèle qui soit de La Joconde.

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Le dévernissage virtuel


A partir de ces images, il a fallu retirer numériquement le spectre du vernis, dont nous avions pu calculer la courbe, pour identifier les pigments et restituer virtuellement le tableau sans son vernis.

Les matérieux de ce fameux tableau ont été altérés par le temps et par les conditions de conservation. Le support en bois s'est rétracté et a conditionné un type de craquelure particulier.
Les caractéristiques du liant, des pigments et du vernis ont été modifiés par le vieillissement ou l'interaction avec les autres matériaux. La perte d'opacité du blanc de plomb est un exemple d'altération pigmentaire. Les modifications du liant tendent aussi au jaunissement.
Léonard, comme tous les peintres de son époque, a utilisé une palette de pigments limitée et un vernis de type mastic ou colophane.
A partir des mesures d'un vernis d'époque reconstitué et artificiellement vieilli, un dévernissage "virtuel" du tableau a été réalisé, préalable indispensable à la reconstitution des "vraies couleurs" de La Joconde.

L'identification des pigments


Tous les pigments utilisés à l’époque de Léonard de Vinci sont bien connus.
Plusieurs sont décris dans son fameux Traité de Peinture.
Si les “recettes” pouvaient changer d’un peintre à l’autre, voir d’un pays à l’autre, la base pigmentaire – c’est-à-dire les éléments matériels la constituant- est pratiquement toujours la même.
Tous ces pigments - généralement sous forme de poudre – sont ensuite mélangés dans un liant pour être appliqués au pinceau.
La composition des liants jusqu’au 15ème siècle était fait à base d’œuf. Cette technique porte le nom d'"a tempera”.
Mais pour La Joconde, Léonard a utilisé une nouvelle technique qui venait de Hollande à base d’huile. Cette technique a révolutionné la peinture, c’est ce qu’on appelle la peinture à l’huile. Léonard a très probablement utilisé de l’huile de noix.
Nous avons réunis sur une même mire tous les pigments utilisés à l’époque de Léonard de Vinci, et pour mieux comprendre et analyser les mélanges et superposition de pigments, chaque pigment a été décliné en 6 versions (en mélange et en transparence).
Les données spectrales de chaque pigment sont uniques et permettent une parfaite identification.
Un logiciel analyse les prélèvements virtuels fait sur La Joconde (dévernie virtuellement), et donne la composition de chaque mélange ou superposition de pigments. Ainsi nous savons que le ciel est un mélange de Lapis Lazuli et de Blanc de plomb, que les teintes chairs sont fait de Cinabre (vermillon de mercure) et de Blanc de plomb, et que les ombres des chairs sont fait d’une superposition de fines couches transparentes de Terre d’ombre (technique des “glacis”).
Chaque mélange de pigments réalisé par Léonard de Vinci est donc parfaitement identifié, et pour plus de certitude ces résultats sont recoupés avec les analyses réalisées avec d’autres techniques (micro-fluorescence X, etc.)

La restitution des couleurs d'origine

Certains pigments se dégradent plus que d’autre, ainsi le Blanc de plomb (carbonate de plomb) aura-t-il tendance à disparaître et devenir gris et sombre.
Il n’est malheureusement pas possible de dégager une règle générale de vieillissement des mélanges, car il s’agit de complexes chimiques différents.
Sur la base de La Joconde dévernie virtuellement, un logiciel cartographie tous les mélanges de pigments
(voir cartographie) et les remplace par des mélanges de pigments neufs en respectant les variations de luminosité. C’est un travail long et fastidieux. Les craquelures, les reflets et les restaurations ont été traitées séparément.

 

Découvrir l'invisible

Une analyse poussée des clichés a permis d'aller au-delà. D'abord, elle a révélé les couches et les sous-couches de peinture qui recouvrent la planche de bois - du peuplier- sur laquelle elle a été peinte. On distingue ainsi plusieurs restaurations, notamment une bande de 2 cm faite d'azurite, sur toute la largeur de la partie supérieure du tableau.
Ensuite, elle a soulevé l'hypothèse que La Joconde tenait sur les genoux une pelisse distincte de son vêtement principal, dont la matière picturale apparaît, aux infrarouges, ce qui expliquerait la position de la main gauche tentant de la retenir et l'unique repentir visible, Léonard ayant rectifié la position des doigts.


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Reproduire avec art

La Joconde, d'une valeur inestimable est presqu'impossible à restaurer, en raison de la technique utilisée par Léonard de Vinci. Volumes et contours ont été retravaillés par apposition de fins glacis colorés qui lui donnaient sa merveilleuse subtilité chromatique. Le vernis s'étant désormais mêlé aux pigments, un dévernissage de l'œuvre, préambule de toute restauration, entraînerait avec le vernis l'ensemble des glacis colorés.

La photographie multispectrale de Monna Lisa, capable dans un même temps de reproduire fidèlement l'œuvre et de révéler les détails de son histoire, permet aujourd'hui de redécouvrir le tableau dans toute sa splendeur chromatique.

Le nombre élevé de pixels (240 millions contre 20 millions pour les appareils photo les plus performants) permet d'obtenir des agrandissements de haute définition avec une netteté parfaite et un respect total des couleurs. A partir de nos fichiers, il n'y a plus de limites aux capacités de reproduction. L'impression peut se faire sur n'importe quel support : papier, toile, support rigide, coton, soie... avec une fidélité inégalée.



Bandeau de la Joconde avec ses vraies couleurs
La Joconde dévernie
La Joconde en infra-rouge
La Joconde avec ses vraies couleurs
La Joconde avec des fausses couleurs
un procédé unique au monde
reproduire avec art
Visage de la Joconde
Main de la Joconde
Paysage en arrière plan
La Joconde "dévernie"
La Joconde avec ses
"vraies couleurs"
La Joconde
"fausses couleurs"
La Joconde "infrarouge"
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